Le hip-hop est un mouvement artistique qui comprend 5 éléments artistiques de base qui constitue les piliers d’origine (DJing, rap, MCing, breaking, graff) et qui ont grandi au côté du mouvement culturel à New York, dans le Bronx, sur la « East coast ». Ces éléments font parties des grandes disciplines artistiques à savoir la musique (DJing), le chant (rap et MCing), la danse (breaking), le dessin (graff). Ces piliers ont très vite été complétés par d’autres éléments qui ont intégré le mouvement à l’instar du breaking qui a été rejoint par les autres danses dites « old school » de la « West coast » (Boog’style, locking, freestyle) puis plus tard par les autres danses « new school ».
DJing
(sources : Les danses de la culture hip-hop (2018), Milady Lubrano, L’Harmattan)
Le terme « DJing » vient des initiales de Disc Jockey. Le DJ est celui qui fait fonctionner les platines. Il est le pro du son hip-hop. A ce titre, il manipule les appareils de sonorisation, il constitue les mixtape (compilation de musique). Il doit avoir une culture musicale très large pour proposer des styles variés, qui plaisent à son assistance. Les premiers DJs hip-hop sont reconnus pour avoir inventé certaines techniques comme le merry-go-round ou le scratching.
La musique hip-hop est bien née dans le Bronx à New York. DJ Kool Herc est considéré comme le pionnier. Son spectre musical est très large : funk, jazz, musique jamaïcaine… Il anime en tant que DJ une soirée en l’honneur de l’anniversaire de sa sœur Cindy. Elle organise sa fête le 11 août 1973 au 1520 Sedgwick Avenue. L’entrée est de 25c pour les ladies et 50c pour les fellas. Une centaine de personnes assistent à cet évènement. L’adresse de cette fête restera gravée comme le lieu de naissance du hip-hop (hip-hop birthplace).
La communauté portoricaine était aussi très représentée dans le Bronx. L’un des premiers latinos reconnus de la culture hip-hop est DJ Charlie Chase du crew Cold Crush Brothers. Ce DJ portoricain a introduit des notes de musique latine sur ses sons et a ainsi contribué au développement d’une culture hispano-américaine au sein du hip-hop jusque-là prédominé par une culture afro américaine.
MCing
(sources : Les danses de la culture hip-hop (2018), Milady Lubrano, L’Harmattan)
Le terme « MCING » vient des initiales de Master of Ceremony.
Déjà au 5ème siècle, le terme apparaît dans un contexte religieux car le maître de cérémonie était et reste celui qui officie auprès du pape. Les maîtres de cérémonie font aussi parfois référence à la personne en charge du protocole lors de visites officielles notamment dans la monarchie. Aujourd’hui, c’est la personne qui parle en public et qui l’entraîne.
L’origine des MCs du hip-hop est la Jamaïque. Dans les années 1950, des MCs improvisaient des injonctions en rythmes pour encourager les danseurs. Cependant, antérieurement, au 19ème siècle en France, les danseurs du quadrille (ancienne danse de salon française issue de la contredanse) étaient accompagnés par un animateur. Cette pratique aurait inspiré les improvisateurs jamaïcains.
Le MC est la personne qui dirige une fête, une cérémonie, une soirée… Il est parfois considéré comme un animateur de spectacle et est aussi présent pour calmer les ardeurs des personnes malveillantes. Les MCs sont souvent des rappeurs mais ne doivent pas être confondus avec eux : dans les évènements hip-hop, ils ont des fonctions bien différentes. Le MC est celui qui toast.
Il existe un lien étroit entre MC et DJ dans la culture jamaïcaine. A New York, dans le Bronx, le MC Coke La Rock officiait au micro dès 1975 au côté de DJ Kool Herc. Selon le vocabulaire jamaïcain, DJ Kool Herc était le selecter et Coke La Rock le deejay. Le terme MC, tel qu’on le connaît dans le milieu hip-hop, a été utilisé par Grandmaster Flash & the Furious Five qui fréquentait assidûment les soirées de DJ Kool Herc et de Coke La Rock entre 1975 et 1977.
Les DJs et les MCs ont vu leur rôle complètement muter à cause, notamment, des nouvelles prouesses techniques.
Rap
Le rap, c’est la partie musicale du hip hop. Une voix accompagnée par des boucles musicales, c’est-à-dire le MCing accompagné par le Djing. Il trouve ses origines dans les musiques afro-américaines, dans la tradition des joutes verbales et dans la tradition jamaïcaine du sound system. Les rappeurs peuvent écrire, mémoriser ou improviser leurs paroles et interpréter leurs œuvres a capella ou à un rythme percutant. Le rôle du rappeur est double : il est à la fois médiateur et chroniqueur. Il est un médiateur car il est porteur d’un message. Il utilise les armes du rappeur sont les mots. Il est la mémoire vive d’un passé dans lequel les minorités ont dû se battre pour obtenir des droits. Le rappeur est un chroniqueur car il s’inspire du quotidien, de la vie urbaine et il introduit la notion de bruit de la rue dans son art.
Du 1e “rappeur” à la diffusion du rap : Jalal Mansur Nuriddin (1944-2018). Il est connu comme « The Grandfather of rap ». C’est lui qui a fondé The Last Poetry : le groupe scandait des discours révolutionnaires accompagnés de percussions et ponctués par des onomatopées. Le 1e groupe à avoir été commercialisé à grande échelle est Sugar Hill Gangs avec son titre Rapper’s Delight.
Caractéristiques du rap :
“Le rap est l’une des caractéristiques les plus distinctives du hip-hop. Les rappeurs utilisent le rythme, les paroles et la voix pour s’exprimer. Les meilleurs rappeurs se distinguent par leur « fluidité » – la façon dont les mots s’enchaînent sans que l’interprète ne se sente attaché. ” https://musicaldictionary.com/what-is-hip-hop/
“Le secret du bon rap, c’est plus que la musique. Pour comprendre comment il fonctionne, il faut vraiment comprendre la poésie et la rhétorique. Les grands rappeurs utilisent des techniques poétiques comme les rimes internes, les compteurs et les doubles sens dans leur musique.” https://musicaldictionary.com/what-is-hip-hop/
De manière plus technique, les rythmes de la musique rap sont souvent des rythmes 2/2 ou 4/4. Le tempo est entre 90 et 105 pulsations par minute. Les sonorités de la musique rap ont un caractère dur et énergique.
Breaking (ou B-boying)
Les danseurs et danseuses de breaking s’appelle est B-boys et les B-girls. Le « B » signifie : Bronx Boy ou Break Boy. Ils étaient connus pour attendre le breakbeat de la musique (coupure des sections principales d’un morceau). Un des pionniers est B-boy Crazy Legs qui est du Bronx. Au début le breaking étaient très territorialisés. On ne breakait pas de la même façon qu’on vienne du Bronx que de Brooklyn par exemple. A Brooklyn, on a surtout développé le top rock (danse de préparation debout) et notamment le uprock qui est plus emblématique à ce borough. Dans le Bronx, on a surtout développé le downrock (la danse au sol) avec d’abord les footworks, les powermoves et les freezes pour ensuite partir sur des mouvements plus acrobatiques. Un des lieu de training emblématique est le Happy Warrior Playground à Harlem.
Le breaking possède un fort héritage des gangs et de la loi du ghetto comme les autres piliers artistiques du hip-hop. Il existe ainsi une forte distinction entre la vision du break de l’intérieur et de l’extérieur. Vu de l’extérieur, le breaking (ou breakdance, terme donné par les médias et très peu utilisé par les b-boys) est une danse qui avait valeur d’agression, une danse qui attire les jeunes des ghettos qui veulent agir hors cadre des écoles. Vu de l’intérieur, il s’agit plutôt d’une danse synonyme de famille : des trainings, des encouragements, un esprit d’équipe (crew).
Il existe d’autres danses au sein du mouvement artistique hip-hop qui ont très vite intégré le mouvement : il s’agit du boog’style, du locking et du freestyle, nés sur la « West coast », qui forment les danses « old school ». Le rapprochement entre ces danses qui ont grandi sur les côtes américaines opposés est assez flou… Certains vecteurs comme les boîtes de nuits ou la TV avec des émissions tels que « Soul Train » diffusée aux Etats-Unis de 1970 à 2006. De nombreux crews tels que The Lockers ou The ElectricBoogaloo (EBs) ont participé à ces émissions de la côte ouest. A l’est, les b-boys ont très vite été accompagné de boog’stylers dit aussi poppers, notamment lors des « block parties ». DJ Kool Herc les a appelé les B-boys dans le sens d’un mouvement comprenant « tous les danseurs ».
La sélection musicale pour le breaking n’est pas limitée à la musique hip-hop tant que les conditions de tempo et de rythme sont remplies. Le Breaking peut être facilement adapté à différents genres musicaux à l’aide de remixage. Les chansons originales qui ont popularisé le breaking empruntent énormément à d’autres genres musicaux comme le jazz, la soul, la funk, l’électro ou le disco. La caractéristique la plus courante de la musique b-boying existe dans les breaks musicaux, ou des compilations formées à partir d’échantillons prélevés de différentes chansons qui sont ensuite mises en boucle et enchaînées par le DJ. Le tempo se situe généralement entre 110 et 135 battements par minute.
Graff
Le dictionnaire Larousse définit le graff à la fois comme une inscription ou dessin griffonné par des passants sur un mur, un monument, etc… Et comme une inscription ou dessin, de caractère souvent satirique ou caricatural, tracé dans l’Antiquité sur des objets ou des monuments. (Parmi les plus révélateurs, citons les inscriptions politiques de Pompéi, les comptes sur les tessons de la Graufesenque, etc.).
Les premiers graffitis, prémices des graffiti hip-hop, voient le jour aux États-Unis dans les années 1960 à Philadelphie avec Darryl McCray. Cependant quelques années plus tard, dans les années 70, le mouvement commence à s’implanter à New-York. Avec l’essor des chemins de fer, les artistes de rue se déplacent entre les villes et commencent à se livrer à un drôle de guerre artistique. Aussi, le graff est souvent considéré comme un art… mais également comme un acte de vandalisme.
Différence entre tag et graff : “Le Tag est une signature dont l’objectif est de marquer de manière rapide un mur ou le mobilier urbain, ce dernier est souvent illégal. Un graffiti est quant à lui une œuvre à part entière dont la réalisation est souvent réglementée, il nécessite plus de technique artistique et de temps.”